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Florentin BOBIA
Conseillère Spécial Chargé de la justice,
des libertés publiques et des droits de l’homme
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LETTRE OUVERTE A Mr AFFI N’GUESSAN PASCAL, PRESIDENT DU FRONT POPULAIRE IVOIRIEN.
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Monsieur AFFI N’GUESSAN,
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“ Le nouveau réveil“ du vendredi 31 octobre 2008 a rapporté vos propos tenus à la “Sorbonne“ du plateau : « (..)Nous ici, c`est ce qui nous arrange qu`on prend, c`est ce qui nous arrange qu`on fait. S`ils continuent à semer le cafouillage dans l`enrôlement, si les membres issus du RHDP ne se résolvent pas à jouer le jeu de la neutralité, de l`impartialité, le jeu de la République, tant pis pour eux. Si nous avons toléré ça depuis l`accord de Pretoria, c`est parce que nous avons fait confiance au bon sens de tous ceux qui vont être désignés pour siéger dans cette commission en nous disant qu`après tout ce sont des Ivoiriens, ils vont travailler dans l`intérêt de la Côte d`Ivoire. Mais s`ils sont là-bas pour mélanger les choses, il faut qu`ils se souviennent que le FPI est toujours là, que les agoras et les parlements sont toujours là, que les milices et les groupes d`auto défense sont toujours là et que si on ne fait plus de bruits ce n`est pas parce qu`on est mort, mais on regarde, on veille et on réagira si eux là, ils agissent contre les intérêts de notre pays, contre les intérêts du processus électoral ».Tels sont rapportés vos propos dans le journal. Votre revendication des milices et autres groupes d’auto défense nous a fortement interpellés.
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Notre constitution exprime dans son préambule son profond attachement aux institutions et valeurs démocratiques. Elle le confirme dans son article 13 en ses termes : « Les partis et groupements politiques se forment et exercent leurs activités librement sous la condition de respecter les lois de la République, les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie. Ils sont égaux en droits et soumis aux mêmes obligations. » Par ailleurs, en son article 24 il est écrit : « La défense de la Nation et de l’intégrité du territoire est un devoir pour tout ivoirien. Elle est assurée exclusivement par des forces de défense et de sécurité nationales dans les conditions déterminées par la loi. ».
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Nous avons jugé nécessaire de vous rappeler ses textes fondamentaux, que vous semblez ignorer, pour éveiller votre conscience, si tel n’est pas le cas, sur les propos gravissimes que vous prenez plaisir à tenir ces derniers temps dans les agoras et autres espaces publiques d’Abidjan. Aussi tenons nous à vous rappeler que la constitution Ivoirienne demeure sacrée, en dépit des profanations conjoncturelles dont elle fait l’objet.
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Vous revendiquez, contrairement aux lois fondamentales de la République, la présence des milices et des groupes d’auto défense, vous les mobilisez pour des futurs « combats » et annoncez leur célébration prochaine. Nous voulons ici dénoncer et condamner le sens ignoble de vos propos, indignes d’un président de parti politique dans un Etat démocratique.
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Vous pensez qu’il faille célébrer des groupes armés illégalement constitués et non les forces de défense et de sécurité qui par leur bravoure ont évité le chaos à la Côte-d’Ivoire depuis le 19 Septembre 2002.
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En revendiquant les milices, en violation grave de la constitution et des lois de la République, vous affirmez que vous êtes responsable et complice de toutes les exactions et violations des droits de l’homme commises par elles.
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En revendiquant les milices, vous voulez traduire le fait en droit et non le droit en fait. En traduisant arbitrairement le fait en droit, vous pensez qu’il faille que chaque parti politique en Côte-d’Ivoire ait une milice pour défendre ses intérêts privés et égoïstes, étant donné que constitutionnellement tous les partis sont « égaux en droits et soumis aux mêmes obligations ». Par la création tous azimuts de milices que tous pourrons revendiquer, vous voulez plonger la Côte-d’Ivoire dans le chaos qui lui a été évité depuis le 19 Septembre 2002. Ainsi vous voulez nous produire le schéma de la guerre civile congolaise de 1997 provoquée par les milices politiques Ninjas et Cobras.
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Vous pensez qu’après la conquête démocratique du pouvoir, le FPI ne peut le conserver que par des méthodes antidémocratiques, en l’occurrence par des milices, symboles de la terreur. Par votre attitude, vous nous apprenez que le FPI est devenu un parti voyou qui, méprisant la constitution, les lois de la République et ayant en sa défaveur la loi de la majorité, s’active à employer des méthodes terroristes pour imposer sa loi au peuple souverain de Côte-d’Ivoire, pour troubler la petite parcelle de « paix » qui lui reste.
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Vous voulez substituer à la force de l’argument l’argument de la force. Vous n’ignorez sans doute pas que la force ne fait pas droit et que « Le plus fort, disait Rousseau, n’est jamais assez fort pour être toujours le maître, s’il ne transforme sa force en droit et l’obéissance en devoir. » Et nous pensons que vous être prêt à assumer les conséquences sociales et judiciaires de vos propos.
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Monsieur Affi N’guessan, en revendiquant les milices, vous « légitimez » la rébellion du MPCI. Car vous jugez nécessaire d’user des armes et de la terreur pour défendre des idées ou une cause en Côte-d’Ivoire, fussent-elles nobles, au mépris de l’état de droit, de la vie des Ivoiriens et de toutes les personnes vivant en Côte-d’Ivoire.
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Votre attitude traduit le sadisme et l’hypocrisie de tous ces « politiciens » ivoiriens qui ne sont pas prêt à mettre un terme aux souffrances du peuple, par le respect de la démocratie, la bonne gouvernance et la bonne gestion des affaires publiques. Tous ces « politiciens » veulent la paix et pourtant aucun ne veut désarmer !
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Le peuple Ivoirien a déjà assez souffert de cette crise et n’est pas prêt à supporter les calamités d’une guerre civile dont vous êtes le porte-flambeau. Vous êtes un ennemi de la paix sociale. Et dans un état de droit, tous ces milices et groupes d’auto défense dont vous faites l’apologie doivent être démantelés et les propos gravissimes que vous tenez doivent vous conduire devant les tribunaux.
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Quand vos propos auront produit leurs effets tragiques, ne vous précipitez pas pour monter dans le premier avion, afin de vous mettre loin à l’abri. Ayez le courage de vous présenter sur le champ de bataille.
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Notre devoir de citoyen, notre zèle patriotique, notre attachement à la démocratie et notre responsabilité politique ne nous autorisent pas à garder le silence face à des énormités rétrogrades. Nous avons donc jugé nécessaire de vous écrire pour vous dire de vous ressaisir, afin de reprendre les rails de la démocratie, et pour attirer par la même occasion l’attention des ivoiriens sur la dangerosité de vos propos.
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Nous pensons que vous accorderez de la considération à cette lettre dans l’intérêt supérieur de la Nation.
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UN COMBAT POUR LA DÉMOCRATIE.
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Ivoiriens, ivoiriennes, le COPACI vous parle
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Une délégation du COPACI (Courant de Pensée et d'Action de Côte d'Ivoire) s'est rendue le 16 septembre 2009 à la Cour Pénale Internationale de La Haye pour y déposer une motion.
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La délégation était principalement composée du Président du parti, Monsieur Blaise Pascal Logbo et de son Secrétaire général chargé de la Justice, des droits et des libertés, Monsieur Bobia Florentin.
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En l'absence du Procureur Luis Moreno Ocampo, la délégation du COPACI, après une occupation de 3 heures de l'entrée principale de la cour pour afficher tout son engagement, a été reçue par ses collaborateurs avec lesquels elle a abordé le dossier ivoirien.
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Interrogé sur la facture judiciaire de la crise ivoirienne, le Président Logbo dit être déterminé à aller jusqu'au bout pour que justice soit rendue à toutes les victimes de cette guerre. Le COPACI, disons le, projette un sit-in devant la CPI. A cet effet, le Président LOGBO invite tous les ivoiriens épris de paix et de justice à rejoindre son parti dans ce combat contre l'impunité.
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Il dit ne pas croire à toutes ces proclamations retentissantes de pardon et de réconciliation émanant de certains politiques. Il fonde son incrédulité sur le forum pour réconciliation nationale tenu en 2001 par la volonté du Président Laurent Gbagbo. Ce forum était destiné à apporter la paix en Côte d'Ivoire.
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A ce forum, hommes politiques et acteurs de la société civile avaient prêché l'amour, le pardon, la réconciliation et la paix pour la Côte d'Ivoire au bord de l'implosion. Ces proclamations, en réalité, non sincères, n'ont pu empêcher la rébellion du 19 septembre 2002 qui s'est préparée de toute pièce par Soro et ses hommes au Burkina fasso, "le pays frère".
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Cette rébellion continue d'être soutenue par certains hommes politiques ivoiriens et étrangers dont les masques tomberont un jour. Le COPACI est convaincu que seule la justice, et non les mots vidés de leur sens, peut contribuer à l'instauration d'une véritable paix durable en Côte d'Ivoire.
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